lundi 10 août 2015

Le capitalisme se maintient parce que...

"Si le capitalisme, malgré tout ce qu'on en sait, continue, c'est aussi parce qu'il repose sur l'espoir révoltant qu'a l'esclave d'être un jour promu esclavagiste" (Une citation via FB) Non. Il repose sur le désespoir de celui qui croit être le seul à se révolter, à penser, et que tous sauf lui ne sont que des esclaves rêvant de devenir esclavagistes. Chez celui qui est exploité, l'idée même de son isolement est une idée inculquée par le capitalisme pour éviter qu'il ne bouge et le conduire à mépriser ses co détenus... et à rêver d'être esclavagiste. Ouf syllogisme sans bavures.  
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Un faux espoir en fait que celui de devenir "exploiteurs". On le leur fait miroiter pour les leurrer: pendant qu'ils vont tendre toute leur énergie à devenir esclavagiste, ils ne craqueront pas le système. C'est ainsi qu'ici, des serveurs de bar, des ouvriers, mettent leurs enfants dans des boîtes privées "pour qu'ils soient bien éduqués même si c'est cher, rien n'est trop beau pour ses gosses.." Implicitement, ils veulent qu'ils deviennent exploiteurs (eux, ininstruits, ont conscience qu'ils ne le pourront jamais) ou en ligne avec ceux-ci, à égalité. C'est un leurre sur lequel du reste comptent ces boîtes pour recruter large car il n'y a pas foule de filles de médecins ou d'industriels dans la région. La plupart du temps (il y a certes des exceptions) tout ce que ces enfant/es recevront comme "bonne éducation" c'est d'apprendre à mépriser leurs parents (qui s'échinent pour payer leur scolarité) et ils ne seront jamais acceptés parmi l'"élite" que ceux-ci appètent pour eux : une humiliation de tous les instants comparable au racisme qu'ils feront payer à leurs parents et amis -plus pauvres-. Ça tourne rond. 

En Mai 68, on a dû retenir une amie très BCBG pour qu'elle n'aille pas boxer des religieuses en manif contre le mouvement... et c'est là qu'elle nous a expliqué les raisons de sa haine, nous avouant enfin ce qu'elle avait toujours tû, les avanies qu'elle avait subies pendant toute sa scolarité : des religieuses, la Directrice notamment qui ne la saluaient pas depuis cinq ans qu'elle était dans la boîte mais qui faisaient des courbettes devant une nouvelle arrivée dont le père était je ne sais quoi (banquier, par exemple). Un ostracisme discret et PERMANENT -même pas très discret- des nanties contre les "autres", invitations en cercle fermé ou à plusieurs niveaux selon une hiérarchie immuable (les invitées ; les visiteuses -qui n'avaient pas droit au buffet- ; et le troisième ordre -souvent deaccompagnantes, qui ne pouvaient pas entrer et devaient attendre dans la rue- etc..)
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Suite ici http://pagetournee.blogspot.com/2015/08/le-paradoxe-du-travail-social.html

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